Galerie 38

 
Emma
 

     
   
   


Amateurs de photo l’un et l’autre, nous voulions nous faire plaisir; l’esthétique du bondage nous séduisait. Par cette expérience,
je souhaitais ainsi en dire un peu plus et autrement à mon époux,
lui offrir une autre facette de moi et la découvrir avec lui.

Conscients que cette pratique exige confiance et savoir faire, nous étions intimidés aux portes de cette première fois ! Je craignais la douleur,
je redoutais de m’arrêter au seul aspect plastique.

Pourtant, après quelques minutes et un bandeau salvateur sur les yeux, j’ai pu me délecter de cette initiation,
j’ai passé le seuil de certaines inhibitions.

Les liens ne sont pas douloureux, ils maintiennent le corps,
lui apprennent de nouvelles postures, lui rappellent ses capacités,
ils l’habillent.

Paradoxalement, la contrainte physique n’est pas qu’une soumission,
elle libère : accepter le cadeau de cette suspension du temps,
consacrer un instant à l’écoute de ses sens ;
prendre conscience de façon exacerbée de son corps dans l’espace,
le mettre en tension, en faire l’unique objet de la pensée alors que le quotidien tend à le faire oublier …. Il s’agit d’un plaisir indicible, diffus, étrange, enivrant ;progressivement, l’esprit se détend, se lâche tandis que le corps travaille, exige davantage de cordes, de torsions, de défis.

Même si la suspension requiert une condition physique particulière,
j’ai l’immense chance d’avoir éprouvé quelques minutes cette sensation unique d’abandon total, absolu : c’est une féerie,
j’ai touché du doigt le « hors du temps » …
à moins qu’Alice n’ait entrouvert la porte de Wonderland….

Pour les contacter : emmacri@hotmail.fr