Galerie 40

 
Intimement liés

Mon roi et moi voulions franchir ensemble un nouveau pont, celui qui nous mènerait au shibari.

Le franchissement d'un pont inconnu est toujours une aventure, parfois même il devient un parcours initiatique. Vouloir franchir un pont c'est être attiré d'une façon irrépressible par ce que l'on devine de l' autre côté, ce que l'on pressent y trouver.

De l'autre côté du rivage nous attendait Gil et Cat, nos guides tenant non pas l'extrémité d'une corde, mais un fil salutaire... le fil d'Ariane.

Nous savions ce que nous voulions. Encorder notre couple. L'envelopper de liens, reflets de l'union absolue de nos êtres. Le fil laissé par Gil nous a considérablement aidé à circonstancier ce désir, cette envie, ce besoin. Gil de son côté s'apprêtait à nous accueillir pour affronter nos aspirations, singulières semble-t-il dans le monde du shibari. Il a donc commencé son oeuvre. Les cordes de chanvre ont entamé leur ballet. La danse des cordes c'est bien sûr leur ordonnance. Des droites qui courent le long d'un dos, des courbes qui épousent une cuisse, des noeuds qui habillent un bras... Le chant des cordes, c'est le claquement de leur dormant sur le sol, c'est le murmure de leur sifflement sur nos peaux nues accompagné du ressac de nos respirations...

A tout cela s'ajoute leurs étreintes sur nos corps enfin soudés par l'assemblage. Le premier contact est doux et paisible. Nos esprits et nos coeurs savent que le chanvre va révéler et sublimer notre symbiose. Mais à mesure que l'enchevêtrement devient plus complexe, ce sont nos corps contrariés, ancrés dans leur pesanteur qui luttent. Non pas contre la morsure des liens. Mais contre leur propre mise en scène prolongée. Nos corps trop choyés d'habitude se cabrent. Très vite il faut passer au delà pour oublier l'asservissement de nos chairs verrouillées.

Alors la brûlure devient caresse, la prison devient refuge. Les cordes ne nous compriment plus, elles nous portent. La douleur de certaines poses est là bien sûr, mais elle devient autre. Elle ouvre notre conscience sur la rareté et l'intensité de ces moments que nous partageons, que nous offrons l'un à l'autre.

Entre nous, tout n'a été que douceur sensuelle. Des baisers, des caresses, des mots d'amour murmurés au creux de l' oreille...

Ces encordages furent nos premiers, mais à présent nous savons que devant nous se dévoile un superbe jardin dont nous souhaitons poursuivre la conquête: d'autres poses, d'autre situations, des rêves de suspension, des jeux probablement plus érotiques, peut-être sexuels...

Ce qui se trouve derrière ces premières floraisons, il nous faut les découvrir. Confiants car certains, nous préparons notre odyssée...

Pour partager leur voyage au pays des cordes,
prenez la direction de leur blog

4 mains au Royaume de Siam