Au temps des Pharaons

Nous avons fait une croisière sur le Nil début 2006 et avons découvert un aspect de cette civilisation que nous ne connaissions absolument pas : sa grande maîtrise dans l'art du bondage !

Nous allons illustrer notre propos par des exemples provenant de trois sites.

Commençons par le célèbre Grand Temple d'Abou Simbel construit sous le très long règne de Ramsès II. Ce temple, sauvé des eaux du lac Nasser lors de la construc- tion du barrage d'Assouan, a été creusé à même une colline, sur les bords du Nil. Hauts de près de 20 mètres, quatre colosses à l'effigie du Pharaon gardent l'entrée du temple.

Le socle du colosse situé à gauche de l'entrée est décoré de scènes de guerre évoquant des campagnes menées en Afrique.

On peut voir, en taille réelle, une scène où des prisonniers sont attachés et agenouillés devant le Pharaon.

On distingue très nettement les cordes qui relient les prisonniers par le cou et celles qui attachent les bras en arrière au niveau des coudes (technique expliquée dans la leçon intitulée armbinder.

Le socle du colosse situé à droite de l'entrée est décoré de scènes de guerre évoquant la guerre menée contre les Hittites qui menaçaient la frontière asiatique de l'empire.

On retrouve une scène de prisonniers dans des postures analogues, mais dont l'aspect physique est bien distinct.

Autre lieu où figurent de nombreuses scènes de ligotage : le temple de Medinet-Habou qui se situe non loin de Louxor. Voici une photo des piliers de la 2ème cour.

Chaque base de pilier est décorée d'un bas-relief qui présente des ennemis liés et tenus par un dieu. Voici l'un de ces bas-relief où figurent 4 prisonniers attachés chacun de manière différente. Belle variété de techniques de bondage !

Dans cette même cour figure un très grand ensemble qui recouvre plusieurs murs entiers et décrit une guerre menée par Ramsès III. Une partie de cet ensemble représente les suites de la victoire du Pharaon, lorsque les prisonniers lui sont présentés sous la garde de guerrier égyptiens (photo ci-contre).

Les 3 images ci-dessous sont extraites de cet ensemble et illustrent les multiples manières dont les égyptines liaient leurs prisonniers : coudes au-dessus de la tête (à gauche), coudes en avant et poignets sur épaule (au mileu), et enfin coudes en arrière avec 2 techniques différentes (à droite).

Et voici une autre scène qui ne fait pas partie de l'ensemble précédent, mais se situe sur un mur relativement proche. Nous avons à nouveau droit à une belle variété de techniques de bondage !

Enfin, dernière étape : le temple de Kom Ombo, petite ville située sur les bords du Nil entre Louxor et Assouan. Voici un bas-relief qui orne le couloir extérieur du temple. Rien de particulier n'avait attiré notre regard sur le moment.

Ce n'est qu'en traitant ce cliché sur l'ordinateur que notre oeil a été attiré vers le bas du tableau.

Ces prisonniers sont immobilisés en position de hogtie et sont liés à une barre qui permet soit de les maintenir à verticale (personnage de gauche), soit de le suspendre (en haut à droite).

Il serait sans doute très intéressant de compiler toutes les techniques utilisées par les Egyptiens à cette époque. Avec une question à la clef : n'avaient-ils pas déjà inventé pratiquement toutes les techniques qui sont aujourd'hui baptisées de noms japonais ou anglais ?